Le projet des tours jumelles Hermitage verra-t-il finalement le jour ? Après la non-prorogation des permis de démolir par la mairie de Courbevoie, les élus d’opposition se sont réjouis. Une décision de la préfecture des Hauts-de-Seine exécutée par le maire de Courbevoie. Mais le promoteur Russe, Emin Iskenderov, du groupe Hermitage, a réaffirmé sa volonté de poursuivre les travaux débutés en octobre dernier.

Pour lui, le prolongement des permis n’est pas nécessaire. De plus, le groupe Hermitage a précisé avoir mis en demeure Paris La Défense, établissement public gestionnaire et aménageur du quartier d’affaires de signer les promesses de vente prévues dans le protocole d’origine sous peine de devoir indemniser le groupe.

« Le projet n’est ni enlisé, ni enterré, ni bloqué par des soi-disant non-prorogations de certains permis de démolir » indique le groupe Hermitage dans un communiqué de presse du mardi 3 mars en réaction aux déclarations des élus d’opposition de Courbevoie dans l’article du Parisien de la veille.

Ghizlaine Guessous (EELV), tête de liste pour les prochaines municipales et Karim Larnaout (SE) se réjouissaient ainsi de pouvoir annoncer, « Le projet des tours Hermitage est en passe d’être totalement enterré ». Au coeur du sujet, les huit permis de démolition pour les bâtiments concernés par le projet du quartier des Damiers notamment pour les immeubles Damiers Anjou, Damiers Bretagne et Damiers Infra. « Le maire a signé, a refusé la prorogation des permis de démolir, néanmoins il se conforme à l’avis du préfet puisque la décision est en fait prise en préfecture » a indiqué la ville de Courbevoie mardi 3 mars.

Le préfet, dans l’article du Parisien avait ainsi déclaré, « Dans le cadre de l’instruction, nous demandons l’accord du propriétaire. S’il s’y oppose, comme cela a été le cas pour trois permis de démolir, j’adresse au maire une proposition de refus du permis. C’est le maire qui signe au nom de l’État. Mais il signe, sans pouvoir s’y opposer, ce que je lui propose ».

Pour le groupe Hermitage, cela n’empêchera par les travaux de désamiantage ou encore de démolition débutés en octobre dernier (voir notre édition du 16 octobre 2019) de se poursuivre. « Tous les permis soit sont mis soit seront mis en œuvre avant la date de leur expiration. Aucune prorogation n’est nécessaire » souligne le calendrier des permis obtenus en 2010 et 2011 et valables selon le groupe jusqu’en avril 2020 minimum.

Dans le communiqué de presse, le groupe Hermitage aborde également la question des relations avec Paris La Défense. Le groupe a mis en demeure le 19 février, l’établissement public « d’exécuter le protocole relatif au projet Hermitage Plaza, (le « Projet ») dans sa version modifiée par deux avenants du 7 décembre 2011 (le « Protocole ») » mais également de signer les promesses de vente « sous peine d’indemnisation des préjudices que le groupe Hermitage subirait d’un arrêt du Projet à la seule initiative de Paris La Défense ».

L’établissement public contacté par La Gazette de la Défense n’a pas répondu à nos sollicitations sur le sujet. Le groupe Hermitage indique de son côté que le montant des indemnisations s’élèverait « à ce jour à la somme de 1 031 000 000 euros HT ». Du projet qui semble tout de même avoir de plus en plus de mal à voir le jour, pour des raisons financières et administratives, le groupe Hermitage rappelle dans son communiqué : « Culminant à 320 mètres, Hermitage Plaza sera le plus haut immeuble jamais construit en Europe occidentale ».

ERRATUM :

Mise à jour mercredi 11 mars 2020 :

Contrairement à ce qui était indiqué dans la précédente version de notre article, soit “Au cœur du sujet, les permis de démolition pour les huit bâtiments concernés par le projet du quartier des Damiers”, ce ne sont pas huit bâtiments qui sont concernés mais bien huit permis de démolition obtenus par le groupe Hermitage notamment les immeubles les Damiers Anjou, Damiers Bretagne et Damiers Infra.
La rédaction présente ses excuses aux lecteurs ainsi qu’aux personnes concernées.

PHOTO : ARCHIVES / LA GAZETTE DE LA DEFENSE