L’esplanade de la Défense se transformera-t-elle en parc ? Le 27 mai dernier avait lieu la réunion de restitution de la concertation sur l’avenir de la transformation de l’esplanade de La Défense, lors de laquelle Paris La Défense, organisme public gestionnaire et aménageur du quartier d’affaire, à dévoilé certains futurs dispositifs du « parc », et l’aménagement de l’espace situé entre la cheminée Moretti et le bassin Takis, appelée « séquence quotidienne » dans le projet.

Au programme notamment : étiquettes pour désigner les noms des plantes, nichoirs, et chantiers participatifs. Consultés tout au long du processus, les habitants présents à la réunion ont montré leur inquiétude quant au bruit pouvant être généré par ces nouveaux aménagements, mais ont néanmoins reconnu avoir été écoutés lors de cette première étape de la concertation.

Lundi 27 mai dernier, 19 h. Une vingtaine d’habitants se regroupent au 18e étage de la tour Cœur Défense. Ce soir, Paris La Défense doit dévoiler ses plans concernant le futur « parc » de la Défense, la transformation en six ans de l’esplanade en un véritable espace vert de 7 ha pour 600 m de long, entre les bassins Agam et Takis.

Certains repartent déçus, puisque ce lundi, il n’est question que de la « séquence vie quotidienne », une des trois séquences faisant partie du projet. Viendront ensuite une « séquence végétale et cultivée » pour l’espace situé entre le bassin Agam à la place des trois arbres, et une « séquence plateaux de jeux » qui part de la place des trois arbres jusqu’à la cheminée Moretti.

D’ici à l’été 2019, 80 cartels étiquettes avec le nom des espèces seront installés place Basse, sur la séquence quotidienne, avec 10 panneaux pédagogiques, « pour montrer qu’il y a de la nature sur la dalle ».

« Paris La Défense propose des dispositifs pour activer le parc, et les usagers les enrichissent grâce à leur participation active, annonce l’établissement public ce soir-là. Ces dispositifs sont installés pendant une année pour une phase d’expérimentation. » Parmi les éléments retenus pour cette « première étape », la création d’une promenade ou parcours sportif tout autour du parc, en cours de réalisation. Le dispositif Assis partout, en cours de réalisation également, propose de réemployer des mobiliers usagés partout sur l’esplanade.

D’ici à cet été, 80 étiquettes avec le nom des espèces seront installées place Basse, sur la séquence quotidienne, avec 10 panneaux pédagogiques, « pour montrer qu’il y a de la nature sur la dalle ». Avec la même date comme objectif, 40 nichoirs devraient être installés dans les platanes de l’Esplanade pour « favoriser la biodiversité ». Paris La Défense annonce également mettre en place des chantiers participatifs, dont les premiers sont prévus pour l’hiver 2019, avec des ateliers sur le thème du végétal et du patrimoine.

Si ces derniers dispositifs sont datés, d’autres sont encore à l’étude. C’est le cas d’une borne de service, une structure autonome, lieu d’échanges ou de prêts de livres, qui s’installerait sur une des places. « Le but est de préfigurer et tester de nouvelles offres de services aux usagers », commente Paris La Défense. Également à l’étude, une mise à disposition gratuite de matériel de jeux, sport et culture pour « encourager les usages du parc » ».

L’établissement public annonce également les premiers aménagements du parc qui seront réalisés à partir de juin et jusqu’à la fin de l’année, concernant la séquence vie quotidienne (de la cheminée Moretti jusqu’à la place Takis, Ndlr). Philippe Hamelin, urbaniste du projet, annonce « 1000 m² de verdure au centre de l’esplanade, rendus accessibles aux personnes à mobilité réduite, des carrés pour des plantations ponctuelles et des brumisateurs ».

« Cette séquence a beaucoup d’intérêts et de contraintes , parce qu’elle est en belvédère, et a une vue vers Paris et la Tour Eiffel », précise-t-il. Deux grands carrés « de détente et ouverts sur le paysage » de 190 m² et 500 m² seront aménagés, en plus de la pelouse centrale et du jardin haut (un espace paysager de 180 m², Ndlr), ce qui revient à « 700 m² d’espaces végétalisés en plus » indique Philippe Hamelin.

Des habitants toujours réfractaires aux activités sportives sous leurs fenêtres

« Les pelouses que vous allez installer vont attirer les gens, et vous voulez en plus y faire venir des activités sportives ? », s’inquiète une habitante le 27 mai, au soir de la réunion de présentation d’équipements envisagés dans le cadre de la transformation de l’esplanade du quartier d’affaires en parc urbain. Elle est suivie par plusieurs de ses voisins, alors que les habitants présents lors d’une balade organisée il y a quelques semaines avaient déjà fait savoir leur désaccord à toute activité génératrice de bruit.

« Les groupes d’associations sportives se mettent sous nos immeubles dès qu’il ne fait pas beau, et hurlent, commente une autre habitante. Ça a été un leitmotiv de tous les ateliers : comment faire vivre ce parc la nuit, qu’il soit utilisé de façon normale, parce qu’on a déjà de nombreuses nuisances, et on a besoin d’être rassuré. »
« Nous n’avons pas prévu d’aménagements type agrès, sur ce site, répond Paris La Défense. On a des demandes d’associations sportives, mais ce sera uniquement à titre événementiel, pour un évènement ponctuel. » Certains habitants craignent également la venue de skateurs. « Il ne faut pas que le parc soit un grand terrain de jeu », déclare un participant.

« On a fait attention à ce qu’il n’y ait pas de mobiliers près des résidences, il n’y a pas d’apport d’éléments qui pourraient être dégradés, informe
Philippe Hamelin, urbaniste du projet.
Aujourd’hui si les gens veulent jouer, ils peuvent le faire n’importe où sur la dalle, c’est un espace public, il y a des déviances partout. »