Après des années d’attente, ayant d’ailleurs fait l’objet de l’impatience des élus concernés, les usagers de Nanterre et de Courbevoie pourront-ils profiter réellement des stations Vélib’ implantées de fraîche date dans les deux communes (Puteaux possède deux stations depuis plusieurs années, Ndlr) ? Le service de vélos en libre-service, devenus connectés et à assistance électrique pour certains avec le difficile changement de prestataire, est en effet de nouveau en détresse.

À Paris comme en petite couronne, Smovengo avait passé plus d’un an à remettre en fonction les stations héritées du groupe JC Decaux, le prestataire originel du service de la mairie de Paris. Ceci globalement réalisé, Smovengo aurait maintenant toutes les peines du monde à assurer la maintenance des milliers de vélos en circulation, révèle sur son blog le journaliste Bertrand Lambert, qui gère l’émission Transportez-moi sur France 3 Paris Île-de-France.

« Désormais, trouver un Vélib’ correctement réglé et en état de marche relève de l’exploit : le nombre de vélos cassés, à plat, crevés, mal réglés ou à l’assistance électrique défectueuse… bref non fonctionnels, avec leur selle dûment retournée, fleurissent dans les stations où clairement, ils prennent racine », écrit sans aménité ce spécialiste des déboires des vélos franciliens. Selon Smovengo, pourtant, 650 vélos sont ramassés chaque nuit.

Smovengo aurait maintenant toutes les peines du monde à assurer la maintenance des milliers de vélos en circulation, révèle sur son blog le journaliste de France 3 Paris Île-de-France Bertrand Lambert.

« Il faut croire que ce n’est pas suffisant », commente le journaliste, qui a son idée quant aux raisons de ces Vélib’ inutilisables par les 176 000 utilisateurs du service (contre 300 000 lorsque JCDecaux était prestataire, Ndlr). « Smovengo est totalement submergé par des problèmes de maintenance non anticipés, liés pour la plupart aux choix low cost faits en 2017 », analyse-t-il.

Il pointe notamment le choix d’un vélo bien plus léger que le précédent modèle, exigé par l’appel d’offres public de renouvellement du prestataire, « alors que JC Decaux a tenté à plusieurs reprises de convaincre les élus de la nécessité d’avoir un vélo solide ». Il estime donc que le nouveau Vélib’ « a été affaibli », ce qui a rapidement entraîné « selle dévissée, pédalier vrillé, numération sous la selle effacée, poignées dégradées, câble de frein cassé, vitesses mal réglées ». Alors, les usagers de Nanterre, Puteaux et Courbevoie devront peut-être prendre leur mal en patience avant de profiter pleinement des nouveaux vélos.

ILLUSTRATION : LA GAZETTE EN YVELINES